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Parlons conservation : Traitement des suies

Fiche sur le traitement des suies : une toxicité sur les objets

La suie est formée majoritairement par un incendie, ou une explosion, c’est la deuxième conséquence direct de ce type de sinistre. L’incendie peut carboniser les objets et/ou les recouvrir d'une couche de suie. La fumée, la suie et l’eau sont sources de dommages directs sur le patrimoine. Les suies sont aussi classées dans le groupe des cancérogènes certains pour l'homme (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer. Un danger pour l’Homme ainsi que pour le Patrimoine.

Il faut savoir que la famille dite des « polluants solides » comme la poussière, le sable et la suie ont une action abrasive sur la surface des objets. La suie et les produits chimiques ont un fort impact sur les collections patrimoniales car ils créent des émanations acides. A noté, que la suie peut changer de composition chimique en fonction de son combustible. Le moins dommageable pour le patrimoine est que la source de la combustion soit non polluante, ne contenant ni colorant, ni parfum et le moins d'huile possible.

L’intervention de restaurateurs/trices spécialisé(e)s dans le type de matériaux touchés est souvent nécessaire. Les traces de suie peuvent s’incruster durablement dans les peintures, les boiseries et le vernis.

Méthodes de traitement :

-Si les textiles ne sont pas endommagés, mais simplement couverts de suie, d'abord les dépoussiérer à l'aide d'un pinceau à poils doux et d'un aspirateur. Laver le textile uniquement lorsque nécessaire et si son état le permet.

-Il est nécessaire d'opérer un nettoyage complet des documents atteints, par un dépoussiérage à l'aide d'aspirateurs à filtre HEPA et un nettoyage approfondi des reliures en cuir avec un entretien et une protection adaptée à chaque cas.

Le personnel en charge doit se protéger avec des gants, des combinaisons et des masques à cartouche adaptés au risque chimique.
-Pour le cuir le traitement doit être rapide, avec du talc.

-Pour la pierre de l’ammoniaque.

A savoir que les métaux sont peu sensibles à la suie : bronze, fer forgé laiton, fonte…

-Les solvants de type organique sont utiles notamment pour décaper les peintures. Les acides, de type minéraux, peuvent être employés pour décaper les aciers inoxydables, l’aluminium ou encore le béton. Plus classique, les cristaux de soude, bicarbonate de soude ou savon noir en mélangeant l'un de ces produits avec de l'eau chaude et en frottant doucement avec une brosse en nylon, la suie ne résistera pas longtemps.

-Pour les murs notamment pour les monuments historiques : le nettoyage projetant du sable ou de la poudre abrasive permettent de ne pas utiliser d’eau. Moins agressif que le sablage, existe une mélange de poudre et de l’eau pour nettoyer les traces de pollution,  éliminer les résidus de suie. On l’utilise sur les façades en bois, en brique, en pierre ou en béton. Il existe aussi le peeling de façade, utilisée contre les pollutions, les poussières et les salissures noires, cette autre technique de nettoyage s’utilise sur le béton, la brique et la pierre. Très onéreuse, on applique un enduit souple en caoutchouc qui va agir comme un masque en venant absorber les salissures et autres pollutions.


Post-traitement :
Pour finir, un nettoyage complet des réserves et des filtres des climatiseurs doit être réalisé avant la remise en place des collections ainsi qu'une analyse de l'air une fois les climatiseurs remis en fonction. Une surveillance approfondie des collections et de la qualité de l'air doit être faite sur 6 mois minimum.

 

Note : Pour ce qui est de Rouen, c’est une toute autre suie, bien plus grasse et corrosive. Mélange d’hydrocarbures classiques de l’industrie pétrolière, de carbone et d'hydrogène. Il y a aussi des huiles, donc on y ajoute de l'oxygène et des phosphates dans des quantités plus petites.